La Diane, Zerynthia polyxena

Décembre 2023 • par Laura MIRANTE

La photo du moisFaune

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Patrick FANCHON

Le papillon

Ce papillon aux taches rouges sinueuses porte, sans prétention et à son insu, le nom de la déesse Diane, maîtresse de toutes les sources de vie et de la nature sauvage.

C’est Linné, le naturaliste suédois qui a posé les bases du système moderne de nomenclature binominale, qui a initié cette tradition d’emprunter les noms de genre et d’espèce à la mythologie grecque. Dans le cas de notre papillon, Zerynthia désigne une habitante de la ville de Zerynthe, non loin de Troie, et polyxena renvoie à Polyxène, fille du roi Priam.

Le nom vernaculaire, la Diane, (ou parfois la Thaïs), reste fidèle à cette tradition.

La plante hôte

Sa répartition est strictement liée à la présence de ses plantes hôtes, les aristoloches, car c’est uniquement sur cette plante qu’elle va pondre ses œufs et où ses chenilles vont se développer. Ces dernières sont monophages, c’est-à-dire qu’elle se nourrissent d’un seul type de plante.

On trouve en France neuf espèces différentes d’aristoloches, mais la plante hôte principale est Aristolochia rotunda, ou aristoloche à feuilles rondes. Ce sont des plantes assez atypiques, avec des feuilles en forme de cœur et des fleurs en tube prolongé d’une languette.

Les œufs sont déposés une fois par an, isolément ou par petits groupes, sur le dessous des feuilles. L’espèce passe l’hiver au stade de chrysalide. Le papillon ne fait pas de grands déplacements et reste assez proche de ses stations de reproduction. Si vous le voyez, il doit très certainement avoir des pieds d’aristoloche à proximité.

Une espèce protégée

Ce papillon fait partie des rares espèces d’insectes protégées par la loi. En effet, contrairement aux oiseaux dont une grande majorité d’espèces sont protégées, 75%, seulement 11% des papillons de jour en France le sont. 

L’ arrêté du 23 avril 2007, qui fixe la liste des insectes protégés sur l’ensemble du territoire, interdit :

– la destruction ou l’enlèvement des œufs, des larves et des nymphes, la destruction, la mutilation, la capture ou l’enlèvement, la perturbation intentionnelle des animaux dans le milieu naturel.

– la destruction, l’altération ou la dégradation des sites de reproduction et des aires de repos des animaux.

Pour la Diane, il est important d’éveiller à la préservation des zones herbacées à aristoloche à feuilles rondes par le maintien de haies et de zones de friches, la conservation des zones humides et de leurs abords : il ne faut pas faucher avant juillet. La conservation des zones humides, des talus de fossés et des berges de rivières favorise surtout l’Aristoloche clématite et l’Aristoloche à feuilles rondes.

Sources :

https://studylibfr.com/doc/754504/la-proserpine-et-la-diane
https://paca.lpo.fr/protection/especes/zoom-sur-une-espece/8122-la-diane
https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/8267
https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000465500

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