Le relief (3ème partie)

Septembre 2010 • par Elisabeth SAUZE, archiviste paléographe

Le coin des toponymistesRelief

Qui dit relief dit pentes. Celles-ci sont donc bien représentées dans la toponymie locale.

Le provençal adré = côté d’une montagne exposé au soleil, versant méridional, a été et reste très employé. A la Garde-Freinet, l’Adrech (1613) désigne le coteau entre Saint-Clément et les Seigneurolles, un quartier au sud-ouest du Camp de Bérard (1815) et, sous la forme la Dret (carte IGN), un versant de la colline de l’Audiguier. Outre les adrets de divers quartiers qui ne seront pas énumérés ici, on trouve aussi, caractérisés par un nom de propriétaire, l’Adrech de Guileaume (1715, près du Safranier), l’Adrech de Michaelle (1613, non localisé), l’Adrech dou Gay (1613, non localisé), l’Adrech du Malaut (1715, non localisé).
Le versant ombragé, l’ubac (du latin opacum = sombre), n’est pas en reste : l’Hubac (1815, au sud des Plaines), l’Hubac de la Maurais (1715, au sud de Serre-Long), l’Ubaq du Calanq (1715, dans le quartier de Vaucron), l’Ubaq du Moit (1715, dans le quartier de la Nible), l’Ubaq du Praire (1715, aujourd’hui l’Audiguier, à l’est du hameau des Plaines) ; particulièrement expressif, l’Ubaq de Tranquelaure (1715, dans le vallon des Neuf-Riaux) a été appliqué à un endroit où le vent dominant, le mistral, se fait particulièrement mordant.

Dérivé du mot val, le provençal avalanco ou valancho désignait des pentes très raides, généralement couvertes d’éboulis ; il a servi à dénommer la Valanche (1715, dans le quartier de Gagnal).
De sens très proche, le provençal calanc apparaît dans le nom ci-dessus cité de l’Ubaq du Calanq ; le féminin calanco, avant de se restreindre aux calanques côtières, s’appliquait à toutes sortes de versants prononcés, d’où le nom des Calanques, dans le vallon des Cabrettes au nord de la Moure (1613).

Equivalent du français côte, le provençal costo ne se rencontre jamais dans son acception maritime  » rivage, bord de mer « , mais souvent dans son acception oronymique,  » coteau, rampe, penchant d’un relief  » ; c’est ainsi qu’il faut l’entendre dans la Coste du Roure (1613, au dessus de Refren, au sud du village) et les Costes de Roubaut (1715, au quartier de la Queste).
De signification identique, le provençal ribo a donné Le Ribas de la Gourgue (1613, dans le quartier de la Gourgue), dérivé avec le suffixe augmentatif –as.

Ont aussi été utilisés des dérivés du provençal escalo = échelle, escalier, montée, sans doute pour des pentes raides, comme dans le verbe français escalader : les Usqualades (1715, non localisé) et l’Escalladou (1715, versant nord de Colle Dure).

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