L’aigle royal

Janvier 2019 • par Andrea FERNANDEZ de la LPO PACA

Le coin des naturalistesOiseau

Ce magnifique rapace a un plumage marron foncé aux nuances roussâtres, avec la calotte et la nuque claires. Les reflets dorés à ce niveau de la tête lui ont valu le surnom d’Aigle doré. Oiseau de grande taille, son envergure alaire est de 2 mètres en moyenne, la femelle étant toujours plus grande que le mâle. Ces caractéristiques font de lui le plus grand prédateur aérien du monde.


Les yeux de l’aigle font à peu près la même taille que les nôtres, mais ils sont dix fois plus puissants. Ils ont deux centres de mise au point qui vont lui permettre de regarder devant et sur les côtés en même temps. Il peut de même reconnaître cinq couleurs primaires.

Comme la plupart des rapaces diurnes, il pratique le vol plané en profitant des convections thermiques pour se déplacer sans beaucoup d’effort. Cependant il est capable de réaliser de très grandes accélérations quand il chasse et lors des piqués vertigineux qu’il réalise pendant ses parades nuptiales. Il peut atteindre dans ce cas les 250-300 km/h, ce qui fait de lui le deuxième oiseau le plus rapide au monde après le faucon pèlerin.


À cette vitesse, il arrive à capturer un grand nombre de proies différentes : des petits passereaux et des rongeurs mais également des mammifères de grande taille tels que les marmottes, renards ou chevreuils. Son régime est déterminé en fonction des ressources présentes sur son territoire et est ainsi très éclectique. Pendant la mauvaise saison, il adapte son alimentation et devient charognard. C’est ce large spectre de prédation qui lui permet d’être sédentaire même si certaines populations sont en partie migratrices.
L’abondance de proies détermine aussi la taille de son territoire, qui est situé, d’une manière générale, au dessus des sites de nidification, ce qui permet ainsi aux aigles de ramener des proies lourdes et volumineuses par un trajet descendant en vol plané. En effet, chaque couple d’aigle royal possède un territoire vaste avec plusieurs aires de nidification, qui seront utilisées par le couple à tour de rôle pendant plusieurs années. La plupart du temps, elles sont situées dans une falaise ou une cavité, plus rarement sur les arbres. L’aire est constituée de branchages, elle est rechargée tous les ans et peut atteindre les deux mètres de diamètre et deux mètres et demi d’épaisseur.
La saison de reproduction de l’Aigle royal (Aquila chrysaetos) est très longue et commence en novembre avec la recharge en branchage d’une ou plusieurs aires et les vols territoriaux. Mais, c’est à partir du mois de janvier que les parades et les spectaculaires démonstrations aériennes ont lieu. C’est à ce moment là que l’on peut observer des acrobaties et des jeux aériens : longs piqués, vols en festons, retournements, accrochages de serres à serres, offrandes de proies.
La couvaison dure en moyenne 45 jours et est une période délicate car le moindre dérangement peut entraîner l’abandon des œufs et l’Aigle royal, contrairement à d’autres oiseaux, ne fait pas de ponte de remplacement.
La couvaison et le nourrissage du jeune sont assurés presque exclusivement par la femelle, grâce à l’apport de proies réalisé par le mâle. Avec sa présence continue dans le nid, la femelle assure aussi la protection du jeune contre les aléas météorologiques et contre son seul prédateur naturel connu, le Grand corbeau.
Le jeune ayant pris son envol, commence une période d’apprentissage avec ses parents afin de devenir autonome. Quand il atteint son autonomie, il est expulsé du territoire familial, parfois d’une manière assez violente.
Le saviez-vous ? Un couple d’Aigle royal niche dans le massif des Maures. Sa période de discrétion est finie et nous pouvons déjà commencer à observer ses manœuvres de reproduction… à vos jumelles ! Et n’oubliez pas de partager vos observations avec nous sur www.faune-paca.org .

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