L’église Sainte-Madeleine du village médiéval de La Mole

Mai 2022 • par Bernard ROMAGNAN

Chronique historiqueHistoire locale

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Deux chapelles dédiées à sainte Marie-Madeleine

A La Mole, il existe deux chapelles dédiées à sainte Marie-Madeleine. La première, bâtie à la fin du XVIIIe siècle, est visible de la RD 98, elle est située en-dessous du château (lien google maps ici). La seconde, une chapelle rurale, se trouve à l’est du plateau de Maravieille (lien google maps ici), on s’y rend en grimpant un chemin escarpé qui commence au quartier des Guiols. Vous trouvez ici le circuit de balade.

Cette dernière chapelle, dont vous avez une photo ici à gauche, était l’ancienne église paroissiale du village médiéval abandonné à la fin du XIVe siècle. Elle était administrée par les moines du couvent de la chartreuse de la Verne qui en percevaient la dîme. En contrepartie, ces religieux devaient célébrer régulièrement les messes des dimanches et jours de fête ; ils devaient assurer ce qui était alors considéré comme un service public. En revanche, il semble que les chartreux de la Verne ne remplissaient pas leur devoir et délaissaient la chapelle Sainte-Madeleine.

Des chartreux négligents

En 1582, lors d’une visite pastorale, le vicaire général du diocèse demanda instamment de réparer l’extérieur et l’intérieur de la chapelle. Il faut remettre en état : « murs, toitz, portes et provoyront de sereures ad ce que soyt tenue fermée que on n’y puisse fere actes prophanes ». A cette occasion, une partie des profits de la chapelle furent mis sous séquestre afin d’obliger les moines à obtempérer. Au cours des années suivantes, la situation de cette chapelle ne semble pas s’être améliorée. En 1667, les chartreux furent contraints de faire appel à cinq témoins qui attestèrent s’y être rendus à plusieurs reprises avec un révérent père, pour la célébration d’une messe mais, que la plupart du temps, il n’y avait personne pour y assister ! On peut d’ailleurs douter de la sincérité des preuves apportées dans la mesure où les témoins sont tous domestiques ou serviteurs du couvent.

Les décennies suivantes ne montrèrent que le désintérêt des moines de la Verne pour la chapelle Sainte-Madeleine. En 1687, le rituel d’installation de Joseph Ronin, nouveau prieur de la paroisse de la Mole, est effectué d’une curieuse façon : « on ne peut faire ouvrir le tabernacle où repose le St Sacrement à la manière acostumée pour n’y en avoir aucun ». Il n’y a ni sacristie, ni cloches, ni fonds baptismaux « pour estre brisés et mis en pièce ». En 1689, la cérémonie d’installation du prêtre Jean Guimard devint impossible car « la porte de ladite église fermée à clef sans l’avoir trouvée ».

Pour allez plus loin

Sur ce même sujet, nous vous proposons d’écouter Bernard Romagnan, auteur de cet article et président du Conservatoire, dans l’émission « Terres et Hommes de Provence » (RCF Méditerranée), en 2005.

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