La laisse de mer….

Mars 2012 • par Denis HUIN, naturaliste, ornithologue

Le coin des naturalistesFlore

En hiver principalement, après les bons coups de mer, nos côtes se retrouvent jonchées, parfois complètement recouvertes, de débris divers et variés. Abordons là uniquement les débris d’origine naturelle. Passons les bouteilles et autres plastiques … Les plus évidents sont les plus gros : les bois flottés. Des morceaux de troncs ou des grosses branches tombées à l’eau dans nos fleuves côtiers qui une fois en mer, s’imprègnent de sel et abritent une multitude d’insectes originaux. Au gré des courants et des tempêtes, ces bois s’échouent sur nos plages : polis et recouverts d’une multitude de petits trous. Plus petits, mais en quantité : les débris de la posidonie, une plante à fleurs marine (donc ce n’est pas une algue) endémique de notre Méditerranée. La plante se développe entre 0 et 40 m de profondeur et forme de véritables prairies sous marines, essentielles pour l’écosystème méditerranéen. Les fragments de feuilles mortes, devenus bruns voire dorés, se retrouvent en couches épaisses, parfois sur quelques mètres, constituant des banquettes.

Mêlés à ces feuilles, des fragments de rhizomes (des tiges rampantes) grossièrement  » poilues « . Plus insolites, des boulettes de tailles variables, tels des kiwis, jonchent parfois le haut de plage. Ce sont les restes ultimes, les fibres, des feuilles et des rhizomes décomposés que le jeu des vagues a aggloméré en boule. Dans le jargon des naturalistes, elles sont nommées agagropiles. Dispersés et souvent cachés dans les banquettes de posidonie, se trouvent pèle mêle de nombreux témoins de la biodiversité méditerranéenne: > De vraies algues telles des algues brunes ou le codium qui, échoué, s’aplatit tel un béret basque.
> Des coquilles vides laissées par l’huître, la moule, la lime, l’arapède ou encore l’ormeau.
> Des os de seiches qui sont en fait des coquilles internes, reliques de l’évolution d’un molusque céphalopode qui portait une coquille esterne dans un passé lointain.
> Des restes desséchés d’une méduse à voile, la velelle. Vivantes, elles sont d’un beau bleu? Mortes, ce sont des « rondelles » transparentes qui ressemblent à des pièces de plastique.
> Des restes d’oursins de différentes espèces. Il faut retrouver la lanterne, soit les 5 dents de cet animal brouteur.

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