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> La caucado, le dépiquage du grain
> Le chantier de restauration
Situation
L’aire de dépiquage se trouve à environ 500 m au sud du hameau de Val d’Aubert, en bordure de l’ancien chemin rural qui venait des Vieilles Sinières et rejoignait cet écart par le ruisseau en contrebas (le principal accès au hameau se faisait par le nord depuis l’aire de Valverdun). 
Il s’agit d’un terrain privé, que la propriétaire a accepté de laisser étudier. Elle a également consenti au public d’y accéder librement. Qu’elle en soit ici remerciée.
Construction
L’aire forme un quadrilatère irrégulier d’environ 16 m de côté, dont la partie sud, bordée de grandes dalles, est courbe et suit le virage du chemin.
Au regard du mur de soutènement qui se prolonge à l’est, le projet initial était certainement de plan circulaire, mais, pour une raison inconnue, on y a renoncé et l’aire semble avoir été réduite, puis délimitée par un alignement de pierres de plus grande dimension.
L’autre signe de ce changement d’idée est la différence de traitement entre la partie est et ouest, différence qui nous indique aussi la technique employée et les étapes de construction de cette surface d’environ 246 m2.
En effet, le plan ci-contre montre, en rose, un axe de construction nord-sud, puis un axe perpendiculaire vers l’ouest, seulement. Enfin, une ultime segmentation vient diviser en deux ce dernier quartier. Il n’y a pas d’autres traces de tels aménagements. 
 
Des pierres différentes ont été employées :
- pour le mur de soutènement, des blocs de leptynite, à la cassure franche.
- pour le dallage, ont été utilisées de belles dalles de gneiss ou de micaschiste, dont certaines, notamment sur le pourtour, dépassent 1 m de longueur.
On trouve aussi (en rouge) de nombreuses pierres posées de chant. Elles viennent renforcer l’ouvrage et combler les interstices restants entre les dalles. L’ensemble a été extrait non loin du site, notamment dans des affleurements repérés sur la crête au nord-est.
 
 
Historique
La documentation écrite ignore l’existence de cette aire. Elle n’est pas portée au cadastre napoléonien de 1815 qui n’indique alors à cet endroit qu’une vaste parcelle, hésitant entre l’inculte et l’essart. L’hypothèse la plus probable est de placer la création de cet espace au moment de la division et vente d’une partie de la terre à deux propriétaires privées, en 1853. Pour renforcer cette hypothèse, les deux seuls millésimes identifiés sur des aires privées à La Garde-Freinet datent également du milieu du XIXe siècle, à savoir 1849 et 1850.

Aucune trace d’aménagement spécifique ne vient nous renseigner sur son mode d’utilisation, mais comme la cinquantaine d’aires recensées sur la commune au XIXe siècle, cette aire a servi, après la moisson, à séparer les grains de l’épi de blé. On peut cependant s’interroger sur d’autres fonctions éventuelles au regard de son environnement agricole, constitué essentiellement « d’essarts », dont le cycle de culture s’étend sur près de 20 ans. 
 
 
La caucado, le dépiquage du grain

Une caucado au quartier de St-Joseph au village, dans les années 50.
Pour séparer les grains de céréales de l’épi, plusieurs techniques ont existé. Généralement, des espaces étaient spécialement aménagés à cet usage : les « aires » étaient le plus souvent en terre battue ou, comme ici, dallé de pierres.
En Provence, plutôt que le fléau, la pratique consistait à utiliser le piétinement des animaux (chevaux, ânes ou bœufs), technique appelée : « foulage » ou « dépiquage », avant que le rouleau ne vienne améliorer le procédé au cours du XIXe siècle.
Par une journée bien ensoleillée, les gerbes de céréales étaient savamment positionnées sur l’aire, tandis qu’un homme debout au centre conduisait la rodo, c’est-à-dire l’ensemble des animaux, employés seuls ou par paire.
Après un moment, les gerbes de blés étaient retournées à la fourche. Puis, les animaux reposés piétinaient à nouveau les gerbes tout en brisant la paille, qui servait ensuite de litière.
Le conducteur faisait varier la longueur des guides afin que toute la surface de l’aire soit bien foulée.
Une fois le travail terminé, on évacuait la paille ; les grains mêlés de poussière étaient mis de côté pour ensuite être débarrassés de ses impuretés puis stockés bien au sec.
 
Le chantier de restauration
Les pionniers à la fin des travaux.



En juillet 2015, 26 jeunes pionniers originaires de Belgique, de l’unité « Gerpinnes TE11 », ont commencé le travail.

Il a d’abord fallu dégager l’espace dallé du maquis qui la masquait ; puis, patiemment, nettoyer à la truelle et au balai toutes les pierres qui la composent pour permettre son relevé pierre à pierre.

L'aire de Val d'Aubert couverte par le maquis avant son débroussaillage.

L'aire dégagée. Nettoyage des pièrres à la truelle et au balai.
 
À l’automne et l’hiver suivants, à l’aide de bénévoles motivés (Pascal, Ornella, Yann, Antoine), les opérations suivantes ont été réalisées :
- le remontage des parties effondrées du mur de soutènement ;

Le mur de soutènement avant.

Le même mur après
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- le dessouchage de plus d’une centaine de bruyères, arbousiers, argelas et filaires ;
- la remise en état des pierres du dallage déplacées par les souches.
À gauche et au centre : dessouchage des bruyères, arbousiers et autres filaires.
À droite : l'aire de dépiquage à travaux terminés.
 

                  
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