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Conservatoire du Patrimoine
Mai 2018

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Haïku du mois

Claudine MANHES



Les fourmis sociales
Unissent leur force de vie

Le temps partagé

© Claudine MANHES

Que s'est-il passé en avril ?

 
Après trois ans de bon service, le bac à fouilles archéologiques, situé à côté du stade Maurel, avait besoin d'être restauré. Il a permis d'initier plus de 500 enfants à l'archéologie.

Au cours de ce chantier fictif, chaque enfant a manié la truelle, la balayette et le pinceau pour dégager les vestiges. Chacun a ainsi découvert la technique de fouille, en identifiant le matériel à l'aide de photos et de croquis. En fin de séance, les enfants formulent ensemble des hypothèses sur leur(s) fonction(s).
   
Èlargissement de la tranchée. Le nouveau bac de fouilles en beton avec la reconstitution d'un pavement et d'une arase de mur.
Le passage des enfants et la pluie ont fait que les planches en bois qui délimitaient la zone à fouiller avaient cassé ou s'étaient affaissés. Nous avons opté pour reconstruire les bords du bac en béton, pour pérenniser la structure.

Le 9 avril, nous avons vidé le bac, enlevé les planches cassées et élargi la tranchée pour permettre aux ouvriers de couler du béton sur les côtés. Un grand merci à l'entreprise de Grégoire Sanchez qui a réalisé les travaux gracieusement.
Le 30 avril dernier, les travaux ont été finalisés en remettant en place la mise en scène : pierres, fragments de céramique, charbon, sable, avant de reboucher l'ensemble avec du sable et de la terre.

Le jeudi 3 mai, le tout nouveau bac a été inauguré par un groupe d'enfants du centre de loisirs de La Garde-Freinet qui au suivi l'activité "À la découverte du patrimoine archéologique".
 
Audrey, notre archéologue-animatrice, ajoute les derniers
détails de la mise en scène des vestiges.
Les enfants du centre de loisirs de La Garde-Freinet.
@ E. PORTEJOIE
 
 
Samedi 28 avril, de vaillants bénévoles - des anciens et des nouveaux - ont passé la journée sur le site de Miremer. Dans une ambiance printanière, une équipe s’est attaquée à la salsepareille qui colonise les murs, tandis qu’un autre groupe acheminait du sable depuis le sommet jusqu’aux terrasses les plus basses pour préparer du mortier destiné à consolider la base du grillage.
Le pique-nique du midi, aux allures de festin, a été un grand moment de partage et d’échanges, pour une magnifique journée, « utile » et conviviale.
Un grand merci à Claudine, Marie-France, Martine, Patricia, Alain, Bruno, Christian, Guy, Jean et Yves.
Et rendez-vous au prochain chantier !

Pour participer aux chantiers Patrimoine, vous pouvez vous renseigner auprès du Conservatoire du Patrimoine.
   
Pause café à Miremer. @ P. RENOUX Le verger au milieu de la forêt. @ P. RENOUX 

Chronique historique

 
Il y a environ deux mille ans (on ne connait pas exactement la date), un Ponto, navire cargo romain de plus de trente mètres de long et pourvu de deux gigantesques mâts à voiles carrées, vint s’échouer dans le golfe de Saint-Tropez. Quelle en fût la raison ? Probablement une forte tempête qui déséquilibra son chargement et provoqua son naufrage. La chose peut paraître plausible lorsque l’on découvrit, en 1950, la particularité de sa cargaison : Quatorze fûts et trois socles de colonnes en marbre de Carrare, le tout pesant environ deux cents tonnes.
Dessin représentant un Ponto identique à celui qui transportait les colonnes.
Immergé par six mètres de fond et à cent mètres de l’actuel cimetière marin de Saint-Tropez, ce gisement était connu de tous les pêcheurs qui vantaient les mérites de ce lieu considéré comme un excellent vivier. Faute de savoir, la rumeur publique propagea l’idée qu’il s’agissait de meules de moulin, ce qui donna le nom au lieu. Le mystère hantait toutefois certains membres de la « société historique et archéologique de Saint-Tropez », présidée par le commandant Joseph ROSATI et dont le secrétaire était Albert COCCOZ. Avec les moyens du bord, ils tentèrent plusieurs plongées de reconnaissance. Emerveillés par leur découverte, ils firent appel au club alpin sous-marin de Cannes qui s’attela à cette tâche avec un matériel plus adéquat et une grande rigueur. Quelle ne fût pas leur surprise et leur joie de découvrir des fûts et de grosses pierres parallélipédiques qui laissaient penser à un véritable trésor archéologique.

Une grosse grue de levage au secours des archéologues

L’excitation retombée, il fallait maintenant trouver une solution pour sortir ces vestiges de leurs deux mille ans de sommeil. La chance était avec eux, car le port de Saint-Tropez, qui avait été dynamité par les Allemands cinq ans plus tôt1, était en cours de remise en état et, par bonheur, une grosse grue montée sur une barge était chargée de mettre en place les lourdes pierres formant le quai. Les archéologues profitèrent donc de ce matériel pour sortir l’ensemble du gisement et le stocker en urgence au niveau du phare vert2. Tout à leur joie légitime, ils ne comprirent pas tout de suite que, contrairement aux apparences, le plus dur restait à faire.
Occupé à d’autres problèmes, le conseil municipal de l’époque laissa ce tas de pierres en vrac pendant de nombreuses années. En fait, elles n’avaient fait que changer de cimetière. Il faut dire que leur aspect laissait circonspect. Ce matériau, qui avait été identifié comme un pur marbre de Carrare, ressemblait plutôt, à cause des attaques des coquillages lithophages et des oursins, à des éponges stratifiées. Pourtant cette découverte intéressa rapidement les spécialistes, tel Monsieur Fernand BENOIT, membre de l’institut et conservateur du musée d’archéologie de Marseille.

Que faire de ce trésor ?
Les années passant (nous sommes en 1964), le conseil municipal tergiversait toujours comme en témoigne le professeur : « …Les Tropéziens sont lents… en quinze ans, après avoir fait classer ces vestiges romains par les Beaux-arts et accumulé sur le sujet un bon kilog de paperasse, je n’ai obtenu comme résultat concret qu’une promesse de délibération pour la fin du mois d’août. Ce n’est qu’après que je déciderai du sort final de ces vestiges… ». Pourtant, si l’on en juge par une circulaire du ministère de la Culture, il n’y avait que l’embarras du choix : « Aujourd’hui tout le monde réclame ces blocs. La ville de Fréjus pour décorer le jardin d’accès aux arènes. Saint-Raphaël qui a créé un musée de la mer qui groupe les découvertes sous-marines de la région de Saint-Raphaël et même l’école des Beaux-arts de Marseille pour décorer le parc de la future école qui sera installée à Lumini. ».
Ce rapport avait oublié une poignée d’irréductibles Tropéziens qui, comme François COPPOLA, benjamin du conseil, souhaitaient garder ces colonnes « … En hommage au passé maritime de ce port, nous devons faire avec ces blocs un portique marin sur le boulevard de la mer. »
 
Le quatorzième fût sauvé par la municipalité Spada et exposé à l’entrée du village, quartier du Pilon. @ G. ROCCHIA Les colonnes telles que nous pouvons les admirer aujourd’hui à l’entrée de Fréjus le long de la nationale 7. @ G. ROCCHIA
 
De Carrare à Narbonne ?
 
Le panneau rappelant que Saint-Tropez est le lieu de découverte de ces colonnes. @ G. ROCCHIA
Mais d’où venaient ces colonnes et surtout à quel monument étaient-elles destinées ? Personne n’avait jusqu’alors tranché la question avant qu’Albert COCCOZ émette son hypothèse : « (…)certes, il (ce trésor archéologique) ne nous était pas destiné à l’origine et c’est le hasard qui nous en fit cadeau en coulant dans le golfe le bateau qui les transportait. Où ? Sans doute de Carrare à Narbonne car, fait curieux, il manque au temple de Diane retrouvé près de Narbonne exactement ces pièces et de même mensuration. » Une affirmation qui ne fut jamais contredite ni confirmée. Entre-temps, il fallait prendre enfin une décision. Devant le chiffrage des travaux et sans véritable consensus, M. Lescudier, alors premier magistrat et en accord avec Mr André Léotard, maire de Fréjus, fit emporter tout l’ensemble sans tambour ni trompette par l’armada de camions de l’entreprise SPADA de Nice, qui terminait les travaux portuaire et rejoignaient leur base Niçoise, avec arrêt à l’entrée de Fréjus le long de la nationale 7. C’est là qu’aujourd’hui on peut encore les admirer.

À Fréjus le trésor, à Saint-Tropez les restes.

Pourtant, un petit morceau du trésor avait été oublié dans son gisement millénaire. Alain Spada, devenu maire en 1989, le fit ressurgir de son passé dans l’espoir de le mettre en valeur à l’entrée du futur musée d’archéologie sous-marine prévu à la citadelle de la ville. En attendant cette heure de gloire, il fut installé à la sortie de la ville au bord de la route au quartier du Pilon, où tous les visiteurs de ce célèbre village peuvent encore l’admirer aujourd’hui, si toutefois il est possible d'en comprendre le bien-fondé.
Saint-Tropez voulut, pour l’honneur, récupérer son trésor, mais dut y renoncer devant la fermeté des fréjusiens à le conserver. Mais toutes ces controverses sont désormais inutiles car le trésor est propriété de l’Etat Français.

Gérard ROCCHIA

(1) Le matin du 15 août 1944.
(2) Elles étaient stockées en bord de mer à l’entrée principale du village et furent déplacées lors de la mise en travaux de l’actuel parking.
 

Le site internet du mois

 
 
Ecobalade est une application de reconnaissance de la flore et de la faune qui vous entoure lors de vos balades.
Elle vous permet de reconnaître les plantes que vous  rencontrez sur votre chemin à partir de la forme des feuilles, de la couleur de la fleur ou de la forme du fruit.

Le jeu est très simple. Choisir une des balades proposées, se rendre sur place, suivre le chemin (une carte est mise à votre disposition), choisir une plante, cocher ses caractéristiques sur l'application, valider et c’est trouvé ! L’application propose aussi un guide des chants d’oiseaux.
 

L'agenda du Conservatoire

 
Samedi 12 mai
> 20h30
Balade sous les étoiles, avec Romaric IZZO, traqueur, survivaliste

Dimanche 20 mai
> 16h Balade à cheval dans les Maures, avec Le relais équestre de la Mène

Mercredi 23 mai
> 15h Les petits peuples de la forêt,
avec Romaric IZZO, traqueur, survivaliste

Samedi 26 mai
> 10h
Plantes comestibles et médicinales
, avec Fabien TAMBOLONI, naturaliste et forestier
> 14h
Au coeur de la ruche, avec Fabien TAMBOLONI, naturaliste et forestier

Mercredi 30 mai
> 9h30 Découverte de La Garde-Freinet
, avec Laura MIRANTE, animatrice du Conservatoire
 
Atelier paléographie Conservatoire du Patrimoine du Freinet  
Atelier paléographie, avec Elisabeth SAUZE, archiviste paléographe
> lundi 7 mai à 14h
Atelier herboristerie "Macérât huileux solarisé", avec Charlotte MAES, herbaliste
> mercredi 16 mai à 14h
Stage pierre sèche, avec Alain BOUVARD, murailler formateur
> samedi 19 et dimanche 20 avril

À venir dans les Maures et le reste du Var

Manifestation 
 
Mardi 29 et mercredi 30 mai
> La migration piémontaise


Mardi 29 - 19h Intervention de Laurie STROBANT, historienne, spécialiste des migrations italiennes dans le sud de la France, missionnée par La robe à l’envers pour mener une recherche spécifique autour des migrations piémontaises dans la Presqu’île de Saint-Tropez.
L’intervention sera accompagnée de lectures par Elena BOSCO et Giuseppe TURLETTI.

Mercredi 30 - 15h à 18h30 Permanence de récolte de paroles publiques. Sablier de 3 mn à la main, tout le monde peut venir nous raconter une anecdote, un souvenir, une histoire sur la migration piémontaise dans la Presqu'ile de Saint Tropez !
19h Chansons et souvenirs qui brisent les frontières. Lectures, chants et contes de et avec Elena BOSCO et Giuseppe TURLETTI.

Les deux soirées se concluront autour d’un verre de l'amitié. Amenez un petit "quelque chose" à grignoter pour un moment convivial partagé !

À Ramatuelle, Salle "Le Garage", avenue Clemenceau
Plus d'infos auprès de l'Office de tourisme au 04 98 12 64 00
 
 
Samedi 19 mai
> 14e édition de La nuit européenne des musées 

Les musées proposeront pour l’occasion des animations, des parcours et des événements exceptionnels aux visiteurs – concerts, jeux de piste et autres spectacles au milieu des œuvres. Dans plusieurs musées, ce sont des élèves des classes primaires, des collégiens et des lycéens qui assureront la visite, grâce à l’initiative "La classe, l’œuvre !" que le ministère de la Culture mène en partenariat avec le ministère de l’Education nationale et qui permet aux élèves de présenter les œuvres qu’ils ont étudiées tout au long de l’année.
visites commentées 

 @ www.cartesfrance.fr 
Dimanche 20 mai
Villages perchés : entre histoire et littérature

> 10h Visite de Saint-Martin-de-Pallières et de la citerne du château , avec Isabelle ARLERY, guide-conférencière du Pays d'art et d'histoire.

C'est au pied de son château que le village de Saint-Martin-de-Pallières s'est développé : après la découverte de son histoire au fil des ruelles vous serez accueillis par M. de Boisgelin qui vous présentera son étonnante et unique citerne voutée qui alimentait le parc du château. L'après-midi, accompagnés d'une conférencière et d'un comédien, c'est au rythme des Lettres de mon Moulin que vous parcourrez le village de Saint-Julien le Montagnier.
Rdv à 10H30 devant la mairie de Saint-Martin-de-Pallières

> 14h30 Visite du Vieux Saint-Julien-le Montagnier, par Aurélie ROBLES, Responsable du Pays d'art et d'histoire de la Provence Verte, et Serge ROBLES, comédien de la Compagnie du Grillon.
Rdv à 14H30 au parking à l'entrée du vieux village

Plus d'infos auprès de l'office du tourisme de la Provence Verte au 04 94 72 04 21
Conférences 
Jeudi 10 mai
>  17h30 Les maladies de nos ancêtres
, par Yann Ardagna, anthropologue chez AdEs Aix-Marseille Université
À Toulon, au Centre Archéologique du Var, 14, bd Bazeilles
Plus d'infos au 06 99 62 05 73
Samedi 12 mai
>  15h Quand les communes varoise fêtent leur saint-patron,
par l'ASER du Centre-Var
À Toulon, au Centre Archéologique du Var, 14, bd Bazeilles
Plus d'infos au 06 99 62 05 73
Mardi 15 mai
>  18h Usage du bois dans l'Antiquité,
par Magali TORITI, doctorante, CReAAH Le Mans Université
À Frejus, villa Aurélienne, salon de musique
Plus d'infos auprès de l'office de tourisme de Fréjus au 04 94 51 83 83
Jeudi 17 mai
>  18h La Restauration (1814-1830) ou l'apprentissage de la monarchie constitutionnelle et parlementaire

Au Rayol-Canadel-sur-Mer, salle des Associations, Mairie
Plus d'infos au 0
6 51 56 79 27
 Dimanche 20 mai
>  14h30 Eau et Climat,
par M. Georges OLIVARI de la Maison régional de l’eau
A Carnoules, salle Jean Moulin - Entrée libre
Plus d'infos au 04 94 13 80 09
EXPOSITION 
 
Jusqu'au 30 juin2018
> La vie des Varois pendant la grande guerre

Une exposition sur panneaux, coproduite avec le Musée des Arts et Traditions populaires de Draguignan, qui nous replonge dans le quotidien des Varois pendant la Grande Guerre, de l'annonce de la mobilisation le 2 août 1914 à l'armistice le 11 novembre 1918. De la propagande aux réquisitions, du travail des femmes à la solidarité des Varois, venez revivre les moments forts de "l'arrière". 

À Draguignan, Archives departamentales, 660 Boulevard John Kennedy,
Plus d'infos au 04 83 95 83 32

  Document réalisé par Laura MIRANTE, chargée de communication du Conservatoire du Patrimoine
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Conservatoire du Patrimoine - Chapelle Saint-Jean - 83680 LA GARDE-FREINET
Tél : 04 94 43 08 57 - Mail : cpatfreinet@orange.fr