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Dans la description que nous propose la toponymie,
la nature du sol tient une place à la mesure de
l’intérêt qu’elle présentait pour les générations
d’agriculteurs et d’éleveurs qui ont, simultanément,
façonné nos paysages et forgé les noms qui les
désignent. C’est dire qu’il ne faut pas attendre ici
une analyse, même sommaire, des phénomènes
géologiques, mais des notations ponctuelles qui
traduisent la plus ou moins grande capacité des
lieux à fournir aux usagers ce qu’ils en attendaient.
L’adjectif aigre = âpre, infertile a donné
son nom au quartier de l’Aigre (1613, sur les
confins de Vidauban) et à son homonyme du
Plan-de-la-Tour (1566, près des Vernades).
La même notion, peut-être jointe à la difficulté
d’accès, est à l’origine de l’appellation du Val
d’Enfer (1613, entre le Camp de la Suyère et
Pignegut).
La pierre, omniprésente, est assez rarement signalée.
On ne trouve, à la Garde-Freinet, aucun dérivé de
plusieurs termes couramment utilisés dans des terroirs
plus favorisés comme lou codou= caillou,
lou grès = terrain graveleux, la lauvo ou
lauso = pierre plate ou son synonyme la
lèco. Un seul dérivé de peiro = pierre :
le Paireguier (1715, au quartier de Camp-Vif) du
provençal peireguié = terrain couvert de
pierres.
Le mot clapié désigne aussi bien un éboulis
naturel qu’un tas de pierre construit par la main de
l’homme, résidu de l’épierrage d’un champ ou borne
de propriété. Dans le contexte gardois, le second
sens paraît plus probable dans les deux toponymes
forgés sur ce terme : les Clapiés (1613, au quartier
de Camp Long) et lou Clapier du Preyeur (1613, non
localisé).
Son caractère parfois spectaculaire a assuré à la
roche en place une meilleure représentation : les
Roches Blanches, crête riche en filons de quartz
blanc, est indiquée par la carte de l’I.G.N. ; mais
la Roche (1613 au quartier des Vernades), la Roque
Trauquade (= la roche percée, 1715, dans le haut du
village), la Roco de l’Eure (1550, dans le vallon de
Vanadal) et la Roche du Draq (1715, non localisé) ne
semblent plus connues aujourd’hui, de même que le
Rocher Blanq (1715, au quartier du Bramadou), le
Rocher des Extelles (1715, entre les vallons du
Débat et de Vanadal) et le Rocquas de Moustiers
(1613, au quartier de Val Verdon). Tous ces noms ont
pour origine le provençal roco , traduit par
le français roche, et son dérivé roucas,
traduit par le français rocher.
Le schiste friable qui forme l’essentiel du substrat
rocheux est peu favorable à la formation de grottes
naturelles ou artificielles. De fait, une seule
baumo = grotte est signalée à la Garde-Freinet :
la Baume (1613, à l’ouest du Fort Freinet, cavité
dont la fouille a mis au jour des sépultures
préhistoriques).
C’est probablement à l’abondance toute particulière
du mica que deux toponymes dérivés du provençal
belugo = étincelle doivent leur crétion : le
Prat de Belugue (1613, au quartier du Rut, sous Camp
Long) et le Vallon du Beluguier (1715, au quartier
de Colle Dure, sur la limite du Plan-de-la-Tour).
On notera pour finir l’unique attestation du sable à
l’Arenas (1715, vallon qui descend au nord du
village), dérivé du provençal areno = sable.
Hormis les adrets et les ubacs signalés au chapitre
du relief, les caractères climatiques ont été peu
productifs dans la toponymie locale. Le vent,
provençal auro, souffle partout, mais plus
particulièrement à Toutaure (1815, colline qui
domine le hameau des Plaines) et à l’Ubaq de
Tranquelaure (1715, dans le vallon des Neuf-Riaux,
dont presque tout le versant nord peut répondre au
signalement de « fends le vent »).
Le froid a motivé l’appellation du cours inférieur
du torrent qui descend le vallon du Débat, au pied
du versant nord du massif : le Valat du Classon = du
glaçon (1815).
Le quartier de la Nible (1715) porte bien son nom,
formé sur le provençal nible = brouillard,
car il est situé dans la dépression permienne,
souvent brumeuse.
. Elisabeth
SAUZE, archiviste, paléographe |
CE MOIS-CI AU
CONSERVATOIRE...
> Exposition La verte forêt, photos de
Michel Lecocq
à partir du 8 janvier
> Atelier cuir le samedi 29
janvier
... DANS LE RESTE DES
MAURES
10èmes Rencontres "Histoire et
Patrimoine du Maures"
Organisées par la
commune du Plan-de-la-Tour, le Conservatoire du
patrimoine du Freinet et le SIVU du Golfe de
Saint-Tropez / Pays des Maures.
Programme de la journée:
-
9h30
accueil
des participants
- 10h00 - 11h00
« Des Provençaux
esclaves à Alger, une enquête historique et
généalogique » Albert
Giraud, historien
« Cinq
siècles de langue provençale en terre varoise,
numéro spécial du bulletin de la Société d’Etude de
Draguignan »
Pierre Gayrard, rédacteur en chef
« Venu des profondeurs
terrestres, le granite du Plan de la Tour en révèle
certaines caractéristiques »
Edith Platelet, géologue, agrégée de l’université
- 11h00 - 12h00
« Présentation de
l’Association des amis des moulins de Ramatuelle »
Georges Franco, président
« Saint-Tropez : de la
tour médiévale à la fortification bastionnée,
solutions pour un usage de l’artillerie »
Laurent Pavlidis, doctorant en histoire
« Présentation de
l’APARE »
Jean-Michel André, directeur secteur chantiers
- 12h00 - 12h30
« Présentation de
l’Association : Connaissance maritime »
Michel Brémond, président
« La tour du Plan »
Elisabeth Sauze, archiviste paléographe
- 14h30 – 15h00
« Présentation du
livre : Cavalaire d’antan »
Association Mer Provence et Tradition
« Des fossiles dans
les Maures : la paléo-vallée carbonifère de Grimaud-Le
Plan de la Tour » Romain
Garrouste, Muséum national d’Histoire Naturelle, UMR
7205 « origines, structure et évolution de la
biodiversité »
- 15h00 - 16h00
« Minéralogie et
cristallographie remarquables du massif des Maures »
Christian Ginouvet, géophysicien
- 16h00
« La villégiature à
Sainte-Maxime »
Benjamin Krysic,
architecte des Bâtiments de France
>
Samedi 29 janvier - Foyer des campagnes du Plan
de la Tour |